Les Martinets font leurs retours, comment les aiders ?

Les légendes ...
"Les Martinets ne se posent jamais", "Il faut lancer en l'air les Martinets pour les aider" , "Il faut leur donner de la viande hachée" , "Je les lance du 2ème ou 3ème étage pour qu'ils s'envollent", etc etc. Bref tous ce qu'il ne faut pas faire !

Faune sauvage

Vous avez trouvé un Martinet en difficulté !

Trop de légendes mettent en péril les Martinets lors de tentatives de sauvetage.

Tout d’abord, à quoi reconnaît-on un martinet en difficulté ? C’est très simple, un martinet trouvé au sol est un martinet en difficulté. En effet, un martinet ne se retrouve jamais au sol sans raison car c’est un animal qui passe sa vie en vol et ne se pose que pour la période de ponte et d’élevage des jeunes.

Pourquoi se trouve-t-il au sol ? Concernant les adultes – reconnaissables à leurs longues ailes qui dépassent la queue d’au moins 1,5cm – plusieurs facteurs sont possibles : conditions climatiques violentes (vent, grêle…), choc avec un câble électrique ou avec une branche, attaque d’un prédateur lorsqu’il chasse trop près du sol (pie, faucon…), prédation (chat…), épuisement suite à la migration, épuisement lorsqu’il cherche à rentrer dans le nid qu’il occupait l’année précédente et qui a été bouché entre temps… Et, une fois au sol, l’adulte ne peut pas repartir s’il manque d’énergie ou se trouve face à des obstacles, et ceci en raison de son anatomie : une grande envergure d’ailes avec de toutes petites pattes courtes.

Quant aux juvéniles, ils cherchent à sortir lorsqu’ils n’ont pas mangé suffisamment (parents ayant dû partir chasser trop loin et trop longtemps en raison du manque d’insectes) mais, le plus souvent, lors des périodes de canicule, les oisillons tombent en cherchant à échapper aux fournaises que constituent les nids situés sous les toits. Tous les conseils qui suivent répondent à des situations et des problèmes observés sur des animaux qui ont été déposés dans des centres de soins. En effet, nombreux sont les animaux qui arrivent après avoir été « soignés » pendant plusieurs jours par des particuliers, souvent avec les meilleures intentions du monde, mais avec des gestes et des aliments qui entraînent le mauvais développement voire la mort de l’oiseau à court ou moyen terme.

Vidéo « Les rémiges noires »

CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE

Mauvais gestes
Ne pas le manipuler avec des mains sales. La faune sauvage, et plus encore le martinet qui n’est pas en contact avec l’humain, est sensible à nos germes, à nos bactéries, à nos champignons et à nos virus.
Ne pas le manipuler ou jouer avec. S’il semble calme, ce qui est dans la nature du martinet, et se laisse manipuler, il n’en est pas moins extrêmement stressé. De plus, vous risquez de lui abîmer le plumage qui est fondamental pour un animal qui passe la quasi intégralité de sa vie en vol.
Ne pas mouiller le plumage ni le laver même lorsqu’il fait très chaud, s’il est affaibli, l’oiseau peut mourir d’hypothermie.
Ne pas salir le plumage, les plumes peuvent s’abîmer et il faudra attendre plus d’un an pour que l’animal fasse sa mue et puisse être relâché et sa survie en centre pendant une période si longue est risquée et complexe.
Ne jamais installer un martinet dans une cage dont les barreaux endommageraient irrémédiablement son plumage.
Ne pas l’installer dans de la paille ou du foin car ceci est dangereux pour ses yeux et pourrait entraver ses pattes.
Ne pas mettre l’oiseau en contact avec d’autres espèces animales.
Ne surtout pas l’exposer à la fumée de cigarette.
Ne jamais relâcher un oiseau au plumage cassé, abîmé ou souillé. Un adulte peut paraître agité et avoir l’envie de partir mais il ne sera pas capable de voler les milliers de kilomètres pour rejoindre l’Afrique avec un plumage en mauvais état.

Nourriture inappropriée

Le martinet ne sait pas boire ni manger seul, il faut l’aider. (C'est l'affaire des soigneurs formés, ne vous improvisez pas soigneur !).
Vous trouverez parfois sur internet des conseils différents, nous vous demandons de nous faire confiance. Si un oiseau peut éventuellement « survivre » un temps à une mauvaise alimentation, celle-ci entraîne des carences et un mauvais développement de l’animal qui lui seront fatals. Un bébé affamé est prêt à avaler n’importe quoi même si cela est nocif pour lui, ne vous fiez pas à son appétit et suivez nos conseils. Le martinet est un insectivore pur.
Pour sa survie et son bon développement :
Ne JAMAIS essayer de nourrir ou d’hydrater un oiseau en état de choc.

Ne JAMAIS donner les aliments suivants :
• jaune d’œuf (ni dur, ni liquide)
• pain, brioche, biscuit
• insectes piquants (abeilles, guêpes…)
• laitage
• viande ou de charcuterie, lardon
• graines pour oiseaux
• Ne pas laisser de coupelle d’eau dans laquelle il pourrait se mouiller, voir se noyer s’il est faible ou trop petit.
• Ne pas donner à boire au fond du bec ouvert. Risque d’étouffement.
• Ne pas mettre le bec sous un filet d’eau. Risque d’étouffement.
• Le bec est très fragile. Ne pas forcer l’ouverture et nous contacter pour savoir comment vous y prendre !
• Ne pas le forcer à manger ou boire

CE QU’IL FAUT FAIRE

Manipulation de l’oiseau : (Toujours se laver ou se désinfecter les mains avant de manipuler l’oiseau).
S’il s’agit d’un adulte trouvé au sol et qui ne semble pas blessé, il faut le prendre délicatement dans les paumes de vos mains, tendre les bras – en direction d’un espace dégagé sans arbres ou murs – et ne pas bouger. Surtout ne faire aucun mouvement pour le lancer vers le ciel, il peut avoir des contusions ou des fractures et une nouvelle chute pourrait être très douloureuse voire fatale.
S’il ne part pas de lui-même, le mettre en lieu sûr et contacter un centre de soins de Faune Sauvage :
• LPO Occitanie (Villeveyrac - Hérault) 04 67 78 76 24 (choix 1 au standard)
• Goupil connexion (Ganges - Hérault) 04 67 42 63 16

Installation pour le transport :

• L’installer dans une pièce sombre au calme.

• Préparer une petite « caisse ambulance » (type boite à chaussures ou plus étroite).

• Mettre une couche épaisse de sopalin sur le fond de la boîte, et un tissu douillet (polaire, petite écharpe) dans lequel il pourra se blottir. Attention, le tissu ne doit pas être effiloché au risque de se prendre dans les pattes de l’oiseau.

• Installer une source de chaleur (bouillote ou petite bouteille – très bien fermée ! – avec de l’eau chaude, entourée d’un tissu) en faisant très attention à ce que l’oiseau ne soit pas en contact direct avec, qu’il puisse s’en éloigner un peu s’il a trop chaud et surtout que la source de chaleur soit stable pour éviter que l’oiseau ne se fasse écraser en cas de mouvement brusque.

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